Sport de haut niveau : les inégalités homme/femme persistent

Dans les esprits, le sport est perçu comme étant un monde masculin. Et bien que les femmes semblent de plus en plus présentes dans ce milieu, elles restent tout de même bien moins représentées que les hommes. En effet, ces derniers semblent encore fortement le dominer. Encore aujourd’hui, de nombreuses inégalités sont encore présentes dans notre société, que nous qualifions pourtant de « moderne », et le sport de haut niveau n’y échappe pas.

Inégalités sociales

De manière générale, dans le sport de haut niveau, les femmes sont moins présentes que les hommes. En effet, dans les sports tels que la voile, elles ne représentent que 25% en 2016 et dans le cyclisme, elles ne représentent que 30%. Comment pouvons-nous alors expliquer l’absence des femmes dans certaines disciplines ?

Dans certaines d’entre elles, il peut être mal vu pour les femmes d’y participer et elles peuvent être la cible de critiques.

Je pense notamment au bodybuilding où on critique énormément les femmes sur leur physique. Notamment sur le fait d’exposer leur corps musclé. Sur les réseaux sociaux, on observe régulièrement des commentaires sexistes tels que « une femme qui fait du bodybuilding, ce n’est pas une femme », « le bodybuilding sur une femme, c’est horrible ».

Inégalités de traitement dans le monde footballistique

Je pense également à la coupe du monde de football féminin. Nous avons également pu observer un déferlement de haine sur les réseaux sociaux envers l’une des joueuses de l’équipe américaine, Megan Rapinoe. Pourquoi cette haine ? Beaucoup la jugent arrogante, d’autres l’insultent en raison de son orientation sexuelle ainsi que sur les « célébrations » qu’elle faisait sur le terrain pour exprimer sa joie. Célébrations qui ne sont pas moins fanfaronnes que celles de ses homologues masculins mais qui eux, ne se voient pas trainer dans la boue.

Ces exemples ouvrent la question sur la perception de la femme au sein du monde sportif. La société voit encore la femme comme une personne devant être féminine et devant assumer cette féminité. Elle ne doit pas être “trop musclée, avoir une taille fine, être agréable à regarder. Et les femmes qui osent challenger cette vision et sortir de ce moule sont souvent critiquées.

L’absence des hommes dans certaines disciplines

Par ailleurs, même si on observe l’absence de femmes dans certaines disciplines, l’inverse est également vrai. Il existe aussi des disciplines dans lesquelles les hommes brillent par leur absence. Par exemple, en 2016, la fédération française de twirling bâton comptait 13 806 licences, dont 92 % détenues par des femmes et 8 % par des hommes.

Comment expliquer ça ? Un manque d’intérêt ? Certaines disciplines sont-elles moins accessibles selon les sexes ? Parce que nous catégorisons les disciplines selon le principe « le twirling bâton c’est pour les filles, le foot c’est pour les garçons » ?

Inégalités de médiatisation

En plus d’être moins présent, le sport féminin est également moins médiatisé que le sport masculin.

Pourtant, le sport féminin semble gagner le cœur des Français ! En effet, il semble provoquer un engouement de plus en plus fort. Notamment lors des championnats mondiaux ou européens. Toutefois, il reste tout de même moins médiatisé que le sport masculin. De ce fait, en 2016, environ 20% des rediffusions sportives étaient consacrées au sport féminin.

Toutefois, même s’il reste moins médiatisé, il évolue de manière positive. En effet, en 2012, seulement 7% des rediffusions étaient consacrées au sport féminin.

Les inégalités salariales

Les inégalités salariales sont encore bien présentes au sein de notre société, et le sport de haut niveau ne fait pas exception. Dans le top 50 des sportifs les mieux payés publiés par L’Equipe en 2018, aucune femme n’y prenait place.

On pourrait expliquer ces inégalités de salaire du fait des performances sportives des athlètes féminines jugées « moins bonnes » que celles des hommes et ainsi, rapportant moins d’argent. Cependant, dans certains cas, le sport féminin rapporte plus d’audience que le sport masculin. En effet, la coupe du monde féminine avait réuni plus de téléspectateurs qu’un match de Ligue 1 diffusé sur Canal+.

 

Bien que le sport féminin évolue de manière positive, et tente de réduire les inégalités, celles-ci sont encore nombreuses au sein du sport de haut niveau. Notamment des inégalités sociales, salariales et de médiatisation.

Un autre type d’inégalités qui semble émerger en même temps que la transformation de notre société ? C’est la problématique liée aux athlètes transgenres. Une femme, anciennement homme, concourant dans la catégorie des femmes, tout en ayant la force et les capacités d’un homme, n’est-ce pas une certaine forme d’inégalité ? Je vous laisse à votre réflexion… 😉

-S

 

Les chiffres

https://injep.fr/wp-content/uploads/2019/01/chiffres_cles_sport_2017.pdf

https://www.csa.fr/Proteger/Droits-des-femmes/Mediatiser-le-sport-feminin

https://www.lequipe.fr/Tous-sports/Article/Top-50-salaires-des-champions-paul-pogba-le-sportif-francais-le-mieux-paye/878241

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